Un moment… rare et magnifique*

Samedi 4 novembre 2023, Adriana Wallis, plasticienne, nous a ouvert les portes de son atelier : un moment d’échange intense et émouvant durant lequel elle nous a livré quelques éléments d’un projet artistique, en cours d’élaboration. Après avoir (re)découvert quelques réalisations antérieures, nous nous sommes imprégné‧e‧s d’images, de textures, de matériaux liés à ce nouveau projet avec, notamment, des techniques liées à la restauration d’œuvres d’art, éléments d’inspiration pour l’artiste à cette étape de travail. Des mots, des histoires, un passé familial éprouvant… Diplômée de l’Ecole des Beaux Arts de Barcelone, Adriana entretient un rapport particulier à l’oubli. Ce projet est une mise en perspective qui éclaire d’un regard nouveau les éléments d’une histoire proche, lointaine… 
Elle a obtenu le soutien du CNAP et plusieurs institutions sont intéressées pour programmer une restitution de cette démarche. Pour nous, une magnifique plongée au cœur de son univers sensible !

Cette visite a réuni 11 participants parmi lesquels, un représentant de l’association des « Amis du Musée de Grenoble » qui nous a fait l’honneur de sa présence (2). Cela augure un futur développement des relations et coopérations entre les deux associations qui regroupent chacune des amateurs d’art, passionnés, qui auront à cœur de découvrir artistes et expositions dans le cadre d’un programme, en cours d’élaboration, pour « Les Amis du Magasin ».

PB040098-Atelier-A-Wallis-1-NJoye
PB040103-Atelier-A-Wallis-2-NJOYE-2023
PB040104-Atelier-A-Wallis-3-NJOYE-2023
PB040108-Atelier-A-Wallis-4-NJOYE-2023
previous arrowprevious arrow
next arrownext arrow
Shadow

La deuxième partie de l’après-midi s’est poursuivie à la Villa Glovettes(3), lieu de résidences d’artistes, dont quatre femmes sont à l’initiative, parmi lesquelles Agathe Chion, metteure en scène, actuellement coordinatrice de projets de l’association qui gère ces résidences.

Mises en place depuis 3 ans, au sein des « Glovettes », immeuble villardien typique des années 70 et du développement touristique de l’époque. Profitant de la disponibilité d’appartements utilisés de manière saisonnière, Adriana, son acolyte Agathe et leurs comparses ont créé ce projet. Et cela déménage !

12 artistes accueillis chaque année avec quelques principes : bienveillance, attention et générosité sont les maîtres mots de ces résidences qui ont pour objet de créer un espace de travail hors du temps, favorable à la réflexion, l’écriture, l’expérimentation sans obligation de « production » et, éventuellement, des partages avec les habitants du Plateau du Vercors (et les autres !), programmés dans divers lieux. Les partenaires ont immédiatement perçu l’intérêt de cette démarche et lui ont attribué quelques moyens. Ils ne s’y sont pas trompés. Ici, le croisement des publics, des partenaires et des artistes est une réalité tangible et vivante : rafraîchissant !

Marine Di Paolo, artiste, ESAD (école supérieure d’art et de design de Grenoble-Valence) effectue actuellement une résidence de recherche de 3 mois sélectionnée pour la résidence gérée par quatre partenaires (la Halle de Pont-en-Royans, le CAB Centre d’Art Bastille, la Fabrique des Luddites et le département de l’Isère). Elle nous a présenté les objectifs de cette résidence de recherche et nous a fait part de ses ressentis en ce début de résidence. Elle souhaite mener une enquête sur l’état de santé des institutions sociales, culturelles et artistiques sans savoir encore précisément de quelle-s manière-s se traduira une éventuelle restitution. Y-aurait-il une crise des institutions ? et, plus précisément, une crise des institutions liées à l’art ?

Pour ce faire, elle planifie des rencontres avec les acteurs du plateau du Vercors et nourrit sa réflexion par la lecture d’écrits en lien avec ce thème.

Une demi-journée riche et nourrissante qui nous a permis de découvrir le travail de deux artistes et un lieu de résidence exceptionnel : Villa Glovettes. Un grand merci pour nous avoir reçu dans des conditions propices à l’échange et la rencontre.

Agnès Bourdais,
Les Amis du Magasin

(1) « Rare et magnifique » : titre d’une œuvre d’Adriana Wallis. Pour découvrir son travail : https://adriannawallis.com

(2) L’association des Amis du Musée de Grenoble envisage d’organiser de nouvelles visites dans l’atelier d’Adriana Wallis

(3) Villa Glovettes est une résidence d’artistes nichée dans le Vercors. Durant la période dite “hors-saison”, elle accueille des artistes et leurs projets dans les studios vides de l’immense copropriété Les Glovettes et programme des événements pour faire se rencontrer habitant·e·s et artistes résident·e·s. 12 artistes par an, ou davantage/projets portés à plusieurs voix.

Photos : Nicole Joye pour le diaporama, Raoul Lemercier pour Rare et magnifique

Exposition Christian Dell’Ova à l’espace Aragon

Brèves histoires à géométrie variable, à l’Espace Aragon, à Villard Bonnot,
Exposition du 8 novembre au 17 décembre 2023
Ouvert tous les jours de 16h 30 à 20h.
Vernissage le jeudi 16 novembre à 18h30.

Rencontre avec Christian Dell’ova les samedis 11, 17, 25 novembre et 2 décembre de 16h30 à 20h.
Visite commentée le mardi 28 novembre à 18h30.
Plus d’infos…

Exposition Denis Arino à l’espace Vallès

Assemblage
Denis Arino

Exposition du 19 novembre au 23 décembre 2023
Vernissage le samedi 18 novembre de 14 h à 19h

Conférence d’histoire de l’art
Peinture et jeu volumétrique, par Fabrice Nest
Jeudi 20 novembre 2023 à 19h

Pour Denis Arino, le tableau n’est pas seulement une surface aux couleurs joliment assemblées, c’est un objet dont l’épaisseur constitue à la fois le motif, la structure et la singularité. L’épaisseur en effet, partie peu visible, dicte toute la forme du tableau, de la largeur du motif au format. Elle entretient un rapport discret avec le chiffre trois et avec un carré de référence, visible ou non, de 99 cm de coté. Multipliée, divisée, cette mesure crée un rapport particulier au corps de l’observateur mais aussi à l’espace qui les contient et aux choses qui les entourent. Le tableau est par conséquent un rapport de connivence dont le motif commence sur la tranche et se répand d’un bout à l’autre du tableau sous la forme d’une Grecque à la manière de ces frises antiques qui courent sur les temples. La méthode est toujours la même: le tableau est d’abord recouvert d’une couleur uniforme puis des bandes discontinues (déduites de l’épaisseur bien sûr) viennent révéler sur ce fond initial, comme en négatif, la Grecque qui apparaît alors. Ainsi le fond devient forme, comme par magie. Les couleurs sont elles-mêmes dans un rapport de connivence, toujours deux, jamais plus, jamais moins. Denis Arino reprend inlassablement la même structure « pour voir comment elle se comporte sous tous rapports ». Il façonne avec humour et obstination une forme à la fois « expressive de l’invariant » (Le Corbusier) et réfractaire au concept. Certaines œuvres visent des causes momentanées, conformes au goût du jour, puis les jours passent et les goûts changent. À l’inverse, l’oeuvre de Denis Arino vise l’atemporel, n’engage pas la parole mais le corps. Elle a tout à voir avec le monde extérieur et rien à faire du mythe de l’intériorité. L’assemblage: un rapport entre le monde et nous.

Thierry Raspail

Crédit photo : Jean-Luc Lacroix

Exposition Alexis Bérar au VOG – Fontaine

Alexis Bérar

Roman de Romanche : piste, fausse piste, hors piste.

Exposition du 4 novembre 2023 au 13 janvier 2024
Vernissage le samedi 4 novembre à 16h
Exposition organisée en partenariat avec Les Journées de la Photo, dans le cadre du festival Le mois de la photo organisé par La Maison de l’image

Alexis Bérar est né en 1976, il vit et travaille à Grenoble. Sa pratique est celle de la photographie qu’il travaille sous forme de séries, entremêlant champs du documentaire et de la fiction. Sa pratique se déploie dans un temps long ponctué de résidences artistiques, d’expositions, d’éditions et d’ateliers de transmission qui participent sans cesse à la nourrir et à la déplacer. Son regard documentaire est proche de celui de l’ethnologue qui arpente le terrain patiemment et s’intéresse à l’ordinaire des pratiques humaines et à leur expression dans le paysage. Il s’intéresse aussi, à la façon d’habiter et de se déplacer sur le territoire. Il observe comment les interactions entre l’action humaine et l’environnement structure les paysages.

Dans la démarche photographique d’Alexis Bérar, il y a une attention portée aux traces et aux indices, parfois très ténus, du lien entre les humains et le territoire. L’artiste s’interroge sur l’imbrication des temps (ceux de la géologie, de la flore, de la faune, des humains ) et questionne les différentes façons de les habiter.

Au VOG…

Il présente son exposition sous le titre Roman de Romanche : Piste, fausse piste, hors piste. Cette exposition réunit plusieurs séries de photographies réalisées lors d’un travail au long cours dans le massif de l’Oisans. Les premières séries d’images sont une carte blanche à une pratique photographique instinctive, attachée à l’arpentage et à la collecte, aux détails et à l’endotique : le contraire de l’exotique, ce qui est banal, habituel pour un lieu et qui passe inaperçu.

L’artiste travaille sur des territoires contraints par le temps, le climat, la gravité et la montagne. Ces éléments vont avoir une action sur la manière de vivre et d’appréhender ces espaces. Des éléments qui peuvent sembler anodins vont imposer une manière de vivre et de faire.

Pour aborder ce sujet, il a passé un long moment à arpenter le massif de l’Oisans, pour repérer des lieux, collecter des informations et rencontrer des personnes. La dernière série présentée regroupe des artefacts numériques. Réalisés en Oisans, ils sont liés par un même territoire et une trame esthétique où l’accident fabrique l’image. Ils racontent une nouvelle histoire : une excursion dans l’imaginaire propre à la montagne. On retrouve des références à ses contes et aux frayeurs infantiles.

Nouvelle piste : cette série est une une respiration pour nous amener à cheminer autrement. Le travail d’Alexis Bérar propose, in fine, des pistes pour des micros récits où temps et espace s’organisent pour exister avec ou sans les humains.

Exposition Julien Creuzet


Oh téléphone, oracle noir
toutes les personnes écrans miroirs
filent les images tactiles oh vas-y voir les nuages du soir

téléphone maison 
téléphone maison

dans l’immensité, dans la voix lactée 
toute la 3G de la cité
dans tous les flux on s’est croisé 

oh mon amour oh mon crash test 
oh mon amour
oh à toute vitesse un sms
oh à toute vitesse un sms

Exposition personnelle de Julien Creuzet accompagné de Phoebe Collings-James, Christina Kimeze,
Manuel Mathieu, Bruno Peinado et Chloé Quenum

Commissariat : Céline Kopp et Cindy Sissokho 
Exposition du 17 novembre 2023 au 26 mai 2024
En partenariat avec la Fondation d’entreprise Pernod Ricard et avec le soutien de l’Institut français.


Ailleurs est ce rêve proche, de murmures d’eaux confiantes (…)
Exposition collective
avec Thomas Besset, Sofía Bonilla Otoya et Nina Jayasuriya
Commissariat : Alexia Pierre
Exposition du 17 novembre 2023 au 25 février 2024


Vernissages le jeudi 16 novembre 2023 à partir de 18h30